19.07.2008

Cavendish, la nouvelle terreur du sprint

cavendish.jpgLe sprint a sa nouvelle terreur. Il est anglais, il a 22 ans et s'appelle Mark Cavendish. Depuis le départ de Brest, il en est à 4 victoires d'étapes. Il était une étoile montante du cyclisme mondiale, notamment après ses deux victoires d'étapes sur le Giro 2008. Il a confirmé sur les routes du Tour, la plus prestigieuse course au monde, qu'il avait tout d'un grand. Si l'on excepte les 2 premières étapes du tour qui étaient en côte (victoire de Valverde à Plumelec et d'Hushovd à Saint Brieuc), l'anglais de l'île de Man a remporté les 4 arrivées massives de ce tour de France. 4 sur 4. On se croirait revenu à l'époque où Cipollini écrasait avec son équipe toute acquise à sa cause écraser le sprint et le peloton. Les derniers sprinteurs à avoir réussi cette performance de 4 victoires sur le tour sont Tom Steels en 1998, Mario Cippolini en 1999 (4 victoires consécutives) et Petacchi en 2003. Sa puissance, son sens du placement et son explosivité sont exceptionnels, quasi uniques et rejettent à l'arrière les vieux briscards du sprint comme Mc Ewen, Hushovd ou Freire.

Formé à l'école de la piste, Cavendish fait partie de la nouvelle génération du sprint mondial comme son équipier allemand de la Columbia, Gérald Ciolek qui s'était révélé en 2005 en devenant à 18 ans champion d'Allemagne en battant au sprint Erik Zabel. Il est certain qu'un des deux coureurs devra s'exiler car les deux ne pourront pas cohabiter éternellement au sein de la même structure. Il n'y a de place que pour un seul vrai sprinter dans une équipe pour qu'il puisse s'épanouir et avoir la confiance de ses coéquipiers. De même, il y a de fortes chances que le duel Ciolek-Cavendish soit un des duels des années à venir en matière de sprint.cavendish 1.jpg

Alors qu'il domine son sujet et le peloton à chaque sprint, Cavendish est confronté à un véritable dilemne à l'heure actuelle. Rester sur le tour de France et briguer de nouvelles victoires d'étapes, voire le maillot vert qui recompenserait sa régularité ou se retirer de l'épreuve qu'il domine pour aller se préparer pour les Jeux Olympiques de Pékin. En effet, il est champion du monde en titre de l'américaine avec Bradley Wiggins et a donc le potentiel pour décrocher le titre olympique dans quelques jours à Pékin. La transition n'étant pas aisée de passer de la route à la piste, une réponse sur ses motivations devrait être donnée à l'occasion du franchissement des Alpes.

Robles maître des haies hautes

robles1.jpgA l'approche des Jeux Olympiques de Pékin, les meilleurs athlètes mondiaux ont pu effectuer les derniers rodages à l'occasion des 10 ans du meeting Golden League de Paris-Saint Denis qui s'est tenu hier soir. C'est le recordman du monde cubain, Dayron Robles, qui a illuminé la soirée dans l'enceinte dionysienne. Au terme d'une course propre et maîtrisée de bout en bout, il n'a échoué qu'à un centième de son record du monde en bouclant son 110 haies en 12''88. Le duel à Pékin entre Robles et la star chinoise Liu Xang, champion olympique en titre,robles.jpg qui se prépare en Chine loin des meetings européens s'annonce magnifique et sera peut-être arbitré par Ladji Doucouré qui petit à petit retrouve ses sensations. Tout le peuple chinois attend la victoire de son enfant prodigue, favori avec le basketteur Yao Ming (qui a rejoué, il y a 2 jours, 5 mois après sa blessure au pied) pour l'allumage de la flamme lors de la cérémonie d'ouverture.

Parmi les autres performances à signaler, il faut noter la victoire de Jérémy Wariner sur le tour de piste face à son compatriote et adversaire Merritt. Auteur du meilleur départ, Merritt a vu Wariner effectuer son effort dans le virage et déboucha en tête dans la dernière ligne droite. Le texan, dont l'agent n'est autre que "la loco de Waco", Michael Johnson, recordman du monde de la distance depuis 1999 en 43''18, réalise à Paris la meilleure performance mondiale de l'année, bouclant son 400 mètres en 43''86. Leslie Djhone finit loin, à la 6e place de la course en 45''43.

vlasic.jpgDeux athlètes sont encore en course pour le Jackpot d'un million de dollar. Il s'agit d'abord de la jeune kenyanne de 18 ans, révélation de la saison, Pamela Jelimo qui a répondu à Soboleva, auteur d'une performance de tout premier ordre lors des sélections russes. Les deux femmes ont parcouru le même jour leur 800 mètres en moins de 1'55''00, ce qui les fait entrer dans les 10 meilleures performeuses mondiales de tous les temps. Ensuite, la croate Bianca Vlasic s'est offerte une nouvelle victoire (elle en est à plus de 30 consécutives) au saut en hauteur. A Paris, elle s'est contentée de 2,01m, une hauteur qui pourrait la mettre en danger à Pékin.

Côté français, les performances sont mitigées. En l'absence de Mehdi Baala ou de Christine Arron, rares furent les représentants tricolores à briller. La jeune bretonne Elodie Guégan s'est offerte son ticket olympique en courant son 800m en moins d'1'59''00. Martial M'Bandjock a pris la 2e place du 100 mètres en 10''17 mais a une nouvelle fois buté sur les minimas (10''13). Après son problème de pointe (perdu par une compagnie aérienne) qui l'avait privé des meetings de Rome et d'Athènes, Bob Tahri a effectué une rentrée intéressante sur 3000 steeple en parcourant la distance en 8'12''72. Muriel Hurtis a fini 5e du 200 mètres derrière 4 américaines en 22''76. La performance la plus inquiétante est venue du vice-champion du monde du saut à la perche, Romain Mesnil. Déjà pré-sélectionné pour les Jeux, il a échoué à 3 reprises à 5m40. Inquiétant à trois semaines du début des Jeux Olympiques.

 

17.07.2008

le tour de France pris au piège

Une nouvelle fois, le tour de France est confronté à la question du dopage qui ternit tant l'image de ce sport fabuleux qu'est le cyclisme. Après les espagnols Beltran et Duenas, c'est l'italien Ricardo Ricco, vainqueur de deux étapes depuis le départ de Brest à Super-Besse, puis à Bagnères de Bigorre et porteurs du maillot à pois et de celui de maillot blanc de meilleur jeune. Une fois de plus, on va s'attarder (à juste titre car un moyen de jeter le discrédit sur ces pratiques scandaleuses) sur le dopage et négliger l'exploit sportif. Une nouvelle fois, on va mieux connaître le nom des dopés que ceux des vainqueurs d'étapes ou de maillot distinctif. Les affaires Duenas et Ricco sont d'autant plus problématiques pour le cyclisme qu'ils concernent des jeunes coureurs de la nouvelle génération, celle qui a éclos en même temps que les progrès contre la lutte antidopage.ricco_VIT_2.jpg Le contrôle positif de Ricco entraîne l'exclusion de l'équipe Saunier Duval. Ces nouveaux cas illustrent l'inconscience de certains coureurs en menaçant leur santé et l'image du sport qui les fait vivre.

De l'autre côté, ces contrôles positifs ne peuvent être que de bonnes nouvelles pour le cyclisme. En effet, cela démontre l'efficacité du système anti-dopage. Aucun sport n'est aussi en avance dans sa lutte contre le dopage à l'image de la mise en place du passeport biologique. Tous ces efforts qui sont issus d'un large consensus dans le milieu du cyclisme (sponsor, encadrement, coureur, instances dirigeantes) portent leur fruit aujourd'hui. L'étau se reserre sur la minorité de tricheurs. Petit à petit, le peloton va se vider de ses brebis galeuses. La situation du peloton en 2008 a déjà beaucoup évolué depuis 1998 et l'affaire Festina. Il faut espérer que le plus vite possible le troupeau redevienne sain.

16.07.2008

un tour de France toujours aussi ouvert

Ce qui était annoncé au départ de Brest, à savoir un Tour ouvert, s'est confirmé. Les chiffres le confirment. L'Australien Cadel Evans possède une seconde d'avance sur son dauphin luxembourgeois, Frank Schleck. Au classement génétal, 5 coureurs se tiennent en moins d'une minute. Quel bilan peut-on tirer de ces 10 premiers jours de courses?

Il y a tout d'abord les confirmations, les coureurs qui répondent aux attentes misés en eux. Cadel Evans, grand favori lors du départ à Brest, s'est emparé du maillot jaune pour une petite seconde. La capacité de son équipe Silence Lotto, notamment des armadas CSC et Saunier Duval, à contrôler la course sera un enjeu central dans les jours à venir. Son dauphin, Frank Schleck, a été le grand gagnant de l'étape d'Hautacam. Il a confirmé qu'on pouvait miser sur lui pour un podium à Paris, voire plus si affinités. Finissant avec deux minutes d'avance sur Evans, il s'est imposé comme le leader de la CSC (même si Carlos Sastre reste en embuscade) et a conclu en beauté le festival de l'équipe Ricco.jpgdanoise lors de cette étape. Ricardo Ricco, et son style à la Pantani, confirme ses talents de grimpeur avec deux victoires d'étapes à son actif. L'équipe de Ricco, la Saunier Duval, domine la montagne car ses deux coéquipiers, Leonardo Piepoli et Juan-José Cobo, ont signé un doublé retentissant lors de la grande étape pyrénéenne qui arrivait à Hautacam. Ce trio pourrait tirer un véritable feu d'artifices dans les Alpes d'autant plus que Ricco a déjà dans un coin de la tête l'arrivée en Italie, à Prato Nevoso, mais aussi la grande étape alpestre s'achevant au sommet de l'Alpe d'Huez. Le Russe Menchov, 5e après 10 jours, confirme qu'il faudra compter sur lui dans la 2e moitié de la course et constitue un sérieux prétendant à la victoire finale.

Ensuite, il y a les outsiders, ceux dont on connaissait les qualités sans pour autant les attendre pas à ce niveau. On pense à Christian Vandevelde, 3e, ou à l'Autrichien Kohl, 4e, voire au russe Efimkin, 10e. Cela demande confirmation sur trois semaines.

Enfin, il y a les éternelles déceptions. Dire que l'espagnol Alejandro Valverde a déçu un euphémisme. Grand favori au départ de Brest, notamment après sa victoire dans le Dauphiné Libéré, il a montré ses limites dans le Tourmalet, finissant l'étape avec plus de 6 minutes de retard sur Piepoli, le vainqueur du jour. La stratégie de la Caisse d'Epargne du tout Valverde n'a pas porté ses fruits. Elle s'est même retournée contre eux. Oscar Pereiro, le vainqueur de l'édition 2006, s'est sacrifié pour son leader en restant à ses côtés alors qu'il aurait pu jouer sa carte personnelle tant il semblait à l'aise. Damiano Cunego a lui aussi déçu. Malgré son impasse sur le tour d'Italie pour mieux se consacrer au tour de France, il a lui aussi affiché des limites criantes en haute montagne. Il ne semble toujours pas pouvoir confirmer ses prédispositions révélées lors de sa victoire dans le Giro 2004. Ces déceptions appellent des réactions. Il ne serait pas étonnant de les voir c_kreuziger.jpgpasser à l'offensive dans les jours à venir. Cela annonce sans doute une course de mouvement qui sera bien difficile à maîtriser pour Cadel Evans et Silence Lotto. Andy Schleck a connu un jour sans dans l'ascension d'Hautacam. Le jeune tchèque Roman Kreuziger a aussi montré des limites dans la grande étape pyrénéenne. Ils découvrent le tour de France et peuvent observer la différence de niveau entre les courses qui les ont révélé (respectivement le tour d'Italie et le tour de Suisse) et la grande boucle.

Côté français, c'est plutôt soupe à la grimace. Hormis la victoire d'étape de Samuel Dumoulin à Nantes qui a vu Romain Feillu endosser le maillot jaune, les français se sont montrés sans pouvoir concrétiser. Cela s'est parfois joué à quelques mètres (Vogondy) pour qu'il ne l'emporte. D'autres fois, les circonstances de courses ont ruiné les espoirs de victoire d'étape, à l'image de Di Gregorio le 14 juillet. Pour le reste, il faut descendre au 26e rang pour voir apparaitre le nom d'un petit français au classement général, en l'occurrence Sandy Casar. Aucun français ne semble avoir fait du général un objectif. Plus inquiétant, seul le doyen du peloton, Stephane Goubert, 38 ans, est en mesure de suivre les meilleurs en montagne.

15.07.2008

toujours plus haut, toujours plus vite...

Toujours plus haut 

isinbayeva.jpgVendredi, à l'occasion du meeting golden league de Rome, la russe Elena Isinbayeva a battu un nouveau record du monde du saut à la perche avec 5,03. Dominant la discipline de la tête et des épaules comme le faisait Bubka à son époque, elle s'est offerte son 22e record du monde en carrière lors de son concours de rentrée. Battant ses records centimètre par centimètre comme son condisciple, elle a dépassé son ancienne marque réalisée en août 2005 à l'occasion des Mondiaux d'Helsinki. Elle se rapproche de 35, nombre de records battus par Bubka, qui possède toujours (et de loin) la meilleure performance de tous les temps en plein air (6,14m) et en salle (6,15m).

Le mimétisme peut être poussé beaucoup plus loin car, depuis 2006, elle s'est entourée de l'ancien coach et mentor de Bubka, Vitali Petrov, avec qui elle a travaillé sa technique de saut, modifiant tous les repères et ses acquis pour notamment pouvoir sauter avec des perches plus dures. Au bout de 3 ans de collaboration, les efforts semblent enfin payer pour celle qui n'avait pas franchi plus de 4,95 m depuis 3 ans. C'est d'autant plus important que les Jeux Olympiques se rapprochent comme la concurrence à l'image de l'américaine Jennifer Stuczynski qui a réalisé cette année 4,92 m. Elle fait ainsi taire les sceptiques qui doutaient de sa capacité à de nouveau pouvoir sauter haut. Elle demeure à ce jour la seule athlète à avoir sauté 5 mètres.

Toujours plus vite

A Athènes, bolt.jpgle Jamaïquain Usain Bolt, récent recordman du monde du 100 mètres, s'est illustré cette fois sur 200 mètres en devenant le 5e meilleur performeur de tous les temps. Ce chrono fantastique est d'autant plus détonnant que le vent était défavorable de 0,50 m/s. Celui dont le morphotype le classe plutôt dans le registre des coureurs de 200 mètres (voire de 400) s'annonce non seulement comme une des stars des Jeux Olympiques et de son sport (il n'a que 22 ans) mais aussi comme un candidat sérieux pour un rapproché par rapport au record du monde stratosphérique du 200 mètres réalisé en 1996 à Atlanta par Michael Johnson : 19,32. Depuis 2007, Tyson Gay, absent à Pékin sur le demi tour de piste, possède le 2e chrono de l'histoire en 19,62... A trois dixièmes, autant dire une autre planète.

12.07.2008

mais à quoi jouent les français?

chavanel.jpgL'attitude des français sur le tour de France a de quoi laisser sceptique nombre d'observateurs. L'abandon de Moreau sur ce qui semble être une blessure diplomatique peut renforcer ce constat.

Tout d'abord, Chavanel, sans doute le coureur français le plus doué de sa génération, court une nouvelle fois à la Chavanel. Auteur d'un début de saison tonitruant (il comptabilise à ce jour 6 victoires), il s'est de nouveau lancé dans des échappées aux longs courts qui avaient peu de chance de réussir. Certes, sur la route de Saint Brieuc, il ne lui a manqué que quelques hectomètres pour rafler la victoire dans une étape qui paraissait tailler pour les sprinteurs. En outre, son attitude en course est loin d'être à la hauteur de ses qualités. Lors de la 2e étape, vexé que les Bouygues Telecom pour défendre le maillot à pois de Voeckler avaient annihilé une première échappée dans laquelle il se trouvait, Chavanel avait accéléré pour passer en tête de la 1ere difficulté du jour. Pire, sur la route de Super Besse, l'unique objectif du coureur Cofidis était de ravir la tunique à pois rouges à Voeckler, ce qui explique sa longue échappée. Le vainqueur du jour, Ricco en une seule ascension a marqué plus de points que le français dans sa longue chevauchée... Petit bras. Hier, les deux ont fini à plus de 20 minutes du groupe de tête, soit plus de 10 minutes après le sprinter australien Mac Ewen et Chavanel a perdu son maillot distinctif. Un comble...

Il faut aussi insister sur le manque d'ambitions des coureurs français qui négligent une place au classement général, pour ne miser que surmoreau.jpg des victoires d'étapes. Ils mettent souvent la flèche sur la gauche et gérent leurs efforts au lieu de lutter chaque jour pour conquérir une place au général. La tactique (car quand on les écoute, c'est calculé), c'est de perdre du temps pour pouvoir plus facilement s'échapper par la suite. Le cas Christophe Moreau est encore plus saisissant. Premier attaquant hier, celui qui déclarait depuis le départ de Brest avoir de bonnes sensations, il a quitté le tour de France, comme un anonyme, au ravitaillement. La raison serait une soi-disant blessure au dos. Le mal est plus mental. Décramponné par le 2e peloton, lors du coup de bordure, il a été laché tant par son physique que par son mental. Alors qu'il devait à 37 ans entamer des négociations pour prolonger son contrat d'une année au sein de la formation Agritubel, Christophe Moreau a sans doute disputé son dernier tour de France.

Hier, le coup de vis effectué par l'équipe CSC a démontré hier la faiblesse tactique des français. Dans le 1er groupe de tête qui comptait une trentaine d'éléments, il y avait un seul français Benoit Vaugrenard. Ce dernier était dans l'échappée qui avait pris quelques secondes d'avance sur le peloton avant la bordure. Les français ne savent pas courir devant, comme des patrons, dans des positions qui pourraient correspondre à leurs ambitions légitimes. Mais, en courrant derrière, on devient plus vulnérable et on ne se place en situation d'être menacé par les aléas de course.   

08.07.2008

départ du tour de France

Le tour de France s'est élancé ce week end de Bretagne. Au terme de trois jours de course, devant un public nombreux, l'espagnol Alejandro Valverde s'est emparé du maillot jaune après son succès à Plumelec lors de la 1ere étape avant de le céder hier à Romain Feuillu. En giclant de manière impressionnante dans les ultimes hectomètres de la cote de Cadoudal, l'espagnol a confirmé sa forme exceptionnelle du moment et s'est offert le maillot jaune, celui-là même qu'il désire ramener jusqu'à Paris.valverdejaune.jpg

La 2e étape qui a conduit le peloton d'Auray à Saint Brieuc a vu la victoire du norvégien Thor Hushovd après une longue échappée menée par Sylvain Chavanel et Thomas Voeckler, puis rejoint à 45 kilomètres de l'arrivée par deux autres français Le Lay et Moreau. Ce n'est pas ma fibre tricolore qui m'anime mais, je trouve dommageable l'attitude de l'équipe Française des Jeux. Je comprends bien que les intérêts de course font que la Française des Jeux entendent se montrer et essaient de remporter l'étape. Ce que je critique, c'est le fait que ce soit eux qui ont lancé la véritable chasse derrière les échappés à plus de 50 kilomètres d'arrivée. Des français qui courrent derrière des français, cela fait désordre, à mon goût, dans une course comme le tour de France. Ils auraient pu attendre et chasser seulement dans les ultimes kilomètres. Car au final, après la chute de Gilbert, le 1er coureur de la Française des Jeux est le local Benoit Vaugrenard à une ... 47e place. Tout ca pour ca. Autant voir un français lever les bras, Mr Madiot.

feuillu.jpgLa 3e étape a vu une échappée de 4 rallier l'arrivée en vainqueur, échappée réglée par Samuel Dumoulin. Le jeune espoir du cyclisme tricolore Romain Feuillu se pare de jaune. Cette étape a aussi vu une horde de manifestants génée le bon déroulement de la course. Je comprends bien que le tour de France constitue une vitrine idéale pour manifester des revendications. Mais prendre en otage les coureurs, les gêner dans leur progression est inacceptable. Qu'aurait-on dit s'il avait manqué 15 secondes à l'échappée ? De même, j'ai été surpris de voir dans la caravane du tour des voitures à l'effigie des organisations syndicales, FO, CFDT et CFTC. Font-ils ainsi avancer la lutte sociale ou prennent-ils 3 semaines de vacances sur le dos des syndiqués?

Aujourd'hui, le contre la montre de Cholet est propice aux gros rouleurs. Le double champion du monde de la spécialité Cancellara sera le grand favori pour l'étape et a de fortes chances de ravir le maillot jaune à Feuillu. A suivre aussi la lutte pour la victoire finale entre les favoris du tour. Il s'agit du 1er rendez vous en vue du classement général.

05.07.2008

les performances s'enchainent!!!

Nouveau point sur les sélections américaines où les performances de haut niveau s'enchainent. Pour le 4 juillet, jour de fête nationale, les nageurs américains ont tiré un véritable feu d'artifice. Le multi-récidivisite Michael Phelps s'est de nouveau illustré : il s'est non seulement qualifié pour sa 4e épreuve individuelle, le 200 4 nages, mais il s'est surtout offert un nouveau record du monde en 1'54''80. Aaron Peirsol sur 200 dos a égalé le record du monde de Ryan Lochte en 1'54'32 qui, deuxième de la course, s'est offert une double qualification olympique en 30 minutes : sur le 200 dos donc et sur le 200 4 nages.phelps.jpg

Hier, Garrett Weber-Gale avait confirmé en finale (47'92) la forte impression laissée en demi-finale où il avait amélioré son record personnel de 8 dixièmes (de 48'50 à 47'78). Il s'agit d'un candidat de plus à la liste des candidats au titre suprême dans 6 semaines qui s'ajoutent à Sullivan, Van den Hoogenband, Nystrand ou Magnini et qui défieront le recordman du monde de la distance, Alain Bernard.

Mais, ces sélections réservent aussi son lot de déceptions et de contre-performances. L'ancien détenteur de la meilleure marque planétaire (dépossédée, il y a quelques semaines, par le Japonais Kitajima) Brendan Hansen, sur le 200 brasse, n'a terminé qu'à la 4e place des sélections américaines qui ne laissent aucune place à la méforme et ne sera pas du rendez-vous pékinois.

wariner.jpgEn athlétisme, la surprise est venue de la défaite de Jérémy Wariner qui ultra-dominait la distance depuis les JO d'Athènes de 2004. Pour sa 2e défaite en quelques semaines, le champion du monde et olympique en titre a été battu par Lashawn Merritt. Il sera néanmoins à Pékin pour y défendre son titre.

un tour de France ouvert

Ce jour s'élance de Brest le tour de France avec quelques nouveautés. Plus de prologues, moins de kilomètres de contre la montre, pas de grand favori, pas d'équipe qui semble être capable de cadenasser la course, le tour de France s'annonce comme des plus ouverts, donc des plus passionnants. Petit coup d'oeil sur les forces en présence.

evans.jpgL'Australien Cadel Evans, à 31 ans, second l'an dernier à 23 secondes de Contador, s'élance avec le dossard 1 après la non-invitation de l'équipe Astana et du tenant Contador. Excellent grimpeur et bon rouleur, l'ancien vététiste devrait trouver dans le parcours 2008 un terrain à sa convenance. Il devra néanmoins chasser ses vieux de démons de simple suiveur et se comporter comme un possible vainqueur du tour et en patron, c'est à dire avoir des vélléités offensives. Sa principale qualité est sa capacité à demeurer à un niveau homogène sur trois semaines. Son équipe sera t'elle à la hauteur alors qu'elle compte dans ses rangs le toujours redoutable sprinteur australien Robbie Mac Ewen?

Alejandro Valverde, double vainqueur de Liège Bastogne Liège et récent vainqueur du Dauphiné Libéré, a marqué les esprits sur les routes alpines, il y a 3 semaines. Il a accès sa préparation sur le tour et il a semblé plus fort que jamais sur les routes du Dauphiné Libéré. valverde.jpgMais, n'est-il pas arrivé trop fort, trop tôt? De plus, sa capacité à durer sur 3 semaines est aussi une énigme. Dans le passé, le murcian s'est montré friable sur les grands tours. Avec le maillot de champion d'Espagne sur les épaules, conquis dimanche dernier, le murcian pourra compter sur Oscar Pereiro, le vainqueur du tour 2006, qui sera à son service.  

schleck.jpgLes frères Schleck seront à la tête d'une impressionnante équipe CSC qui comptera, outre les Luxembourgeois, Carlos Sastre, Jens Voigt ou Fabian Cancellara. L'ainé Frank, 28 ans, vainqueur il y a 2 ans à l'Alpe d'Huez, a l'expérience pour lui. Il est apparu très fort sur le tour de Suisse, malgré une chute spectaculaire dans un ravin. Il pourra compter sur l'appui de son frère Andy, 23 ans, qui l'an dernier pour la découverte d'un grand tour avait fini second du Giro. Pour Cyrille Guimard qui a connu le cadet des Schleck à l'époque où il évoluait dans les rangs du VC Roubaix, il ne tarit pas d'éloges sur les qualités du jeune luxembourgeois : ".«Au cours de ma carrière de directeur sportif, j'aurai dirigé quatre supers : Hinault, LeMond, Fignon et... Andy Schleck ». Brillant hommage!! La CSC pourra aussi compter sur Carlos Sastre, 3e en 2006 et 4e en 2007, toujours présent. Les premières étapes de montagne décideront du leader de la CSC.

Damiano Cunego a axé sa saison sur le tour de France. Absent du tour d'Italie qui l'avait révélé, il a remporté en avril l'Amstel Gold Race. Sur le tour de Suisse, il est apparu encore un peu limité. cunego.jpgDepuis sa victoire en 2004 sur le Giro, il n'a toujours pas confirmé tous les espoirs placés en lui. Il a à son actif une seule participation au tour de France en 2006 pour une 12e place et un maillot de meilleur jeune. Sa forme physique pourrait monter crescendo sur les routes du tour. L'année de la confirmation?

Ricco.jpgParmi les autres favoris, on peut citer le russe Denis Menchov, double vainqueur du tour d'Espagne en 2005 et 2007, qui n'a jamais confirmé sur les routes du tour de France mais qui a le potentiel pour y briller. Le jeune tchèque de 23 ans, Roman Kreuziger, récent vainqueur du tour de Suisse arrive en forme sur le tour : il sera à coup sur une attraction. Sera t'il résister à la pression? Il sera un des favoris pour le maillot de meilleur jeune. Ricardo Ricco, alias le Cobra, voudra confirmer sa 2e place du tour d'Italie et ses talent de grimpeur sur le tour de France. Il n'a décidé d'y participer qu'il y a une semaine. Dans quel était physique s'élancera t'il de Brest ? Suspens. Suffisant pour viser une étape de prestige en haute montagne et le maillot de meilleur jeune, mais pour le général ? Un autre luxembourgeois, Kim Kirchen, pourrait aussi s'illustrer. 7e l'an dernier, vainqueur de la Flèche wallonne, brillant en montagne sur le tour de Suisse, sa condition semble suffisante pour un podium. Mais pour la victoire finale? Puis, il y aura la révélation l'éclosion d'un nouveau talent comme à chaque édition.

Côté français, on luttera plus pour des victoires d'étapes que pour le général où les meilleures chances seront Christophe Moreau et Cyril Dessel. Chez les baroudeurs, nous retrouverons Fedrigo, Chavanel, Voeckler, Moncoutié, Casar, .... Les jeunes comme Di Gregorio tenteront de confirmer les promesses. Chez les sprinteurs, il faudra compter sur Sébastien Chavanel et Romain Feuillu.  

Beaucoup de questions donc alors que les forçats du tour vont s'élancer dans quelques minutes pour la 1ère étape. Qui sera maillot jaune ce soir? L'étape s'annonce agitée, avec du vent et des côtes dans une foule sûrement nombreuse. Qui endossera le premier jaune de ce tour 2008 ? Le juge de paix sera l'ascension finale de la côte de Cadoudal à Plumelec. La victoire devrait se jouer entre les puncheurs Pozzato, Kirchen, Valverde, Ricco, Ballan, Schumacher et autre Gilbert et les sprinteurs capables de bien passer les bosses comme Freire ou Zabel. Réponse dès les prochaines heures...

Pronostic pour le général : 1 Valverde 2 Evans 3 Schleck Andy 4 Cunego 5 Sastre

Pour l'étape 1 Pozzato 2 Valverde 3 Freire 4 Kirchen 5 Ricco

04.07.2008

la reconduction de Domenech : une affaire de gros sous!!!

Et voilà une terrible nouvelle a été annoncée hier : la fin du football français et la fin d'une équipe de France conquérante et victorieuse. En effet, malgré le parcours pitoyable de la France à l'euro et l'image désastreuse véhiculée par l'équipe nationale lors de la dernière compétition, le sélectionneur Raymond Domenech a été reconduit à la tête de l'équipe de France de football.

1 point, 2 défaites, 6 buts encaissés pour un seul marqué, voilà le bilan de Raymond Domenech durant l'Euro qu'on peut résumer en un mot : désastreux. Tout aussi désastreux a été sa communication durant la compétition, refusant les évidences, surprotégeant ses joueurs, applaudissant la défaite. Les petites phrases de Domenech, ses provocations même ont été plus commenté que les prestations de l'équipe de France. Sauf que le sport n'est pas une pièce de théâtre et que la communication n'est pas un jeu : les supporters tristes (à juste titre d'ailleurs) et désabusés méritent bien plus de respect et de considération. Tout ce cinéma a conduit à un véritable désamour, à une rupture entre des joueurs inaccessibles et le reste des français.domenech.jpg

Le conseil fédéral n'a pas pris ses responsabilités. Domenech n'ayant pas présenté sa démission (qui, pour un homme de conviction, était la voie toute tracée : devant un échec, on doit prendre ses responsabilités), la fédération n'avait pas les moyens de payer les indemnités que lui auraient coûté les deux dernières années de contrat de notre ami Raymond (son contrat courrait jusqu'en en 2010). Par conséquent, par dépit, la seule solution était de reconduire Domenech à son poste alors qu'il a pourtant perdu la confiance de nombre de spécialistes et de beaucoup de spectateurs. En Italie, Donadoni, qui a pourtant atteint les 1/4 de finale, a été démis de ses fonctions et remplacé par l'entraineur champion du monde Lippi. A croire qu'en France, la sélection, la qualité du jeu produit, et l'image du football français ne comptent pas.

Car au final, Domenech, dans le nouveau dispositif mis en place par la fédération, apparait sous tutelle : il se concentrera à l'avenir uniquement du sportif. Il s'agit d'un terrible désaveu et la preuve de la perte totale de crédibilité et de confiance pour ce sélectionneur qui aime tout gérer, se comportant parfois comme un dictateur avide de pouvoirs. Il n'aura donc plus la main-mise totale sur la communication. Un audit mené par Gérard Houillier sera chargé de dessiner les contours du nouveau staff de l'équipe de France. En outre, au vue de ses choix (nous n'y reviendrons pas), ses compétences dans le domaine sportif apparaissent. Depuis 1993 qu'il est sélectionneur national (des espoirs, puis des A), il n'a toujours remporté aucun titre. Et on ne peut pas dire qu'il a vu passer entre ses mains les plus mauvaises générations du football français. Ce choix, c'est sans doute aussi signer la fin définitive de l'aventure en bleu de David Trézéguet.

L'objectif affiché de la sélection est aujourd'hui de reconquérir le coeur des Français. Cela commence dans deux mois par deux matches périlleux en Autriche, puis contre la Serbie comptant pour la qualification à la coupe du monde 2010. Tout mauvais résultat serait alors comme une épée de Damoclès au dessus de Domenech. Il y a fort à parier qu'il jouera sa tête sur ces deux premiers matches de qualification. Et si ce n'était qu'un sursis...

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