16.07.2008
un tour de France toujours aussi ouvert
Ce qui était annoncé au départ de Brest, à savoir un Tour ouvert, s'est confirmé. Les chiffres le confirment. L'Australien Cadel Evans possède une seconde d'avance sur son dauphin luxembourgeois, Frank Schleck. Au classement génétal, 5 coureurs se tiennent en moins d'une minute. Quel bilan peut-on tirer de ces 10 premiers jours de courses?
Il y a tout d'abord les confirmations, les coureurs qui répondent aux attentes misés en eux. Cadel Evans, grand favori lors du départ à Brest, s'est emparé du maillot jaune pour une petite seconde. La capacité de son équipe Silence Lotto, notamment des armadas CSC et Saunier Duval, à contrôler la course sera un enjeu central dans les jours à venir. Son dauphin, Frank Schleck, a été le grand gagnant de l'étape d'Hautacam. Il a confirmé qu'on pouvait miser sur lui pour un podium à Paris, voire plus si affinités. Finissant avec deux minutes d'avance sur Evans, il s'est imposé comme le leader de la CSC (même si Carlos Sastre reste en embuscade) et a conclu en beauté le festival de l'équipe
danoise lors de cette étape. Ricardo Ricco, et son style à la Pantani, confirme ses talents de grimpeur avec deux victoires d'étapes à son actif. L'équipe de Ricco, la Saunier Duval, domine la montagne car ses deux coéquipiers, Leonardo Piepoli et Juan-José Cobo, ont signé un doublé retentissant lors de la grande étape pyrénéenne qui arrivait à Hautacam. Ce trio pourrait tirer un véritable feu d'artifices dans les Alpes d'autant plus que Ricco a déjà dans un coin de la tête l'arrivée en Italie, à Prato Nevoso, mais aussi la grande étape alpestre s'achevant au sommet de l'Alpe d'Huez. Le Russe Menchov, 5e après 10 jours, confirme qu'il faudra compter sur lui dans la 2e moitié de la course et constitue un sérieux prétendant à la victoire finale.
Ensuite, il y a les outsiders, ceux dont on connaissait les qualités sans pour autant les attendre pas à ce niveau. On pense à Christian Vandevelde, 3e, ou à l'Autrichien Kohl, 4e, voire au russe Efimkin, 10e. Cela demande confirmation sur trois semaines.
Enfin, il y a les éternelles déceptions. Dire que l'espagnol Alejandro Valverde a déçu un euphémisme. Grand favori au départ de Brest, notamment après sa victoire dans le Dauphiné Libéré, il a montré ses limites dans le Tourmalet, finissant l'étape avec plus de 6 minutes de retard sur Piepoli, le vainqueur du jour. La stratégie de la Caisse d'Epargne du tout Valverde n'a pas porté ses fruits. Elle s'est même retournée contre eux. Oscar Pereiro, le vainqueur de l'édition 2006, s'est sacrifié pour son leader en restant à ses côtés alors qu'il aurait pu jouer sa carte personnelle tant il semblait à l'aise. Damiano Cunego a lui aussi déçu. Malgré son impasse sur le tour d'Italie pour mieux se consacrer au tour de France, il a lui aussi affiché des limites criantes en haute montagne. Il ne semble toujours pas pouvoir confirmer ses prédispositions révélées lors de sa victoire dans le Giro 2004. Ces déceptions appellent des réactions. Il ne serait pas étonnant de les voir
passer à l'offensive dans les jours à venir. Cela annonce sans doute une course de mouvement qui sera bien difficile à maîtriser pour Cadel Evans et Silence Lotto. Andy Schleck a connu un jour sans dans l'ascension d'Hautacam. Le jeune tchèque Roman Kreuziger a aussi montré des limites dans la grande étape pyrénéenne. Ils découvrent le tour de France et peuvent observer la différence de niveau entre les courses qui les ont révélé (respectivement le tour d'Italie et le tour de Suisse) et la grande boucle.
Côté français, c'est plutôt soupe à la grimace. Hormis la victoire d'étape de Samuel Dumoulin à Nantes qui a vu Romain Feillu endosser le maillot jaune, les français se sont montrés sans pouvoir concrétiser. Cela s'est parfois joué à quelques mètres (Vogondy) pour qu'il ne l'emporte. D'autres fois, les circonstances de courses ont ruiné les espoirs de victoire d'étape, à l'image de Di Gregorio le 14 juillet. Pour le reste, il faut descendre au 26e rang pour voir apparaitre le nom d'un petit français au classement général, en l'occurrence Sandy Casar. Aucun français ne semble avoir fait du général un objectif. Plus inquiétant, seul le doyen du peloton, Stephane Goubert, 38 ans, est en mesure de suivre les meilleurs en montagne.
15:34 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tour de france, schleck, evans, valverde, ricco



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