12.07.2008
mais à quoi jouent les français?
L'attitude des français sur le tour de France a de quoi laisser sceptique nombre d'observateurs. L'abandon de Moreau sur ce qui semble être une blessure diplomatique peut renforcer ce constat.
Tout d'abord, Chavanel, sans doute le coureur français le plus doué de sa génération, court une nouvelle fois à la Chavanel. Auteur d'un début de saison tonitruant (il comptabilise à ce jour 6 victoires), il s'est de nouveau lancé dans des échappées aux longs courts qui avaient peu de chance de réussir. Certes, sur la route de Saint Brieuc, il ne lui a manqué que quelques hectomètres pour rafler la victoire dans une étape qui paraissait tailler pour les sprinteurs. En outre, son attitude en course est loin d'être à la hauteur de ses qualités. Lors de la 2e étape, vexé que les Bouygues Telecom pour défendre le maillot à pois de Voeckler avaient annihilé une première échappée dans laquelle il se trouvait, Chavanel avait accéléré pour passer en tête de la 1ere difficulté du jour. Pire, sur la route de Super Besse, l'unique objectif du coureur Cofidis était de ravir la tunique à pois rouges à Voeckler, ce qui explique sa longue échappée. Le vainqueur du jour, Ricco en une seule ascension a marqué plus de points que le français dans sa longue chevauchée... Petit bras. Hier, les deux ont fini à plus de 20 minutes du groupe de tête, soit plus de 10 minutes après le sprinter australien Mac Ewen et Chavanel a perdu son maillot distinctif. Un comble...
Il faut aussi insister sur le manque d'ambitions des coureurs français qui négligent une place au classement général, pour ne miser que sur
des victoires d'étapes. Ils mettent souvent la flèche sur la gauche et gérent leurs efforts au lieu de lutter chaque jour pour conquérir une place au général. La tactique (car quand on les écoute, c'est calculé), c'est de perdre du temps pour pouvoir plus facilement s'échapper par la suite. Le cas Christophe Moreau est encore plus saisissant. Premier attaquant hier, celui qui déclarait depuis le départ de Brest avoir de bonnes sensations, il a quitté le tour de France, comme un anonyme, au ravitaillement. La raison serait une soi-disant blessure au dos. Le mal est plus mental. Décramponné par le 2e peloton, lors du coup de bordure, il a été laché tant par son physique que par son mental. Alors qu'il devait à 37 ans entamer des négociations pour prolonger son contrat d'une année au sein de la formation Agritubel, Christophe Moreau a sans doute disputé son dernier tour de France.
Hier, le coup de vis effectué par l'équipe CSC a démontré hier la faiblesse tactique des français. Dans le 1er groupe de tête qui comptait une trentaine d'éléments, il y avait un seul français Benoit Vaugrenard. Ce dernier était dans l'échappée qui avait pris quelques secondes d'avance sur le peloton avant la bordure. Les français ne savent pas courir devant, comme des patrons, dans des positions qui pourraient correspondre à leurs ambitions légitimes. Mais, en courrant derrière, on devient plus vulnérable et on ne se place en situation d'être menacé par les aléas de course.
12:13 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chavanel, moreau, tour de france



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