07.07.2008

l'ogre de la terre ocre déloge le géant vert

Au terme d'un match épique en finale de Wimbledon (la plus longue finale de l'histoire du tournoi londonien ; 4h47 minutes), Nadal est parvenu à s'imposer face au suisse Roger Federer qui restait pourtant sur 5 titres consécutifs à Wimbledon et sur 65 victoires d'affilée sur herbe (Halle + Wimbledon). Si l'affiche et l'enjeu ne suffisaient pas, la pluie a renforcé la dramatique de la finale en l'interrompant à deux reprises.nadal1.jpg

Nadal a bien maitrisé le match durant les deux premiers sets, menant 2 sets à 0, alors que Federer se montrait fébrile, notamment dans le 2e set. Alors qu'il menait 4 jeux à 1, le Suisse s'est désuni, perdant 5 jeux de suite. Dans le 3e acte, la pluie intervient, interrompant le match à 5-4. A la reprise, Federer, grace à un service de qualité, s'offrit le droit de poursuivre la partie et d'y croire à nouveau. Le 4e set se joua de nouveau au jeu décisif. Les deux protagonistes nous offrirent alors un moment de folie avec une succession de coups gagnants et de coups de génie. La tension était à son comble. Tout y était : qualité de jeu, intensité, scenario. Mené 5-2, Federer parvint à revenir dans le tie-break, sauva 2 balles de match pour finir par remporter le tie break. Ce sont ce genre de coups et de moments qui font entrer un match dans la légende du tennis. Le 5e set confirma cette impression. Une nouvelle fois interrompu, le match reprit et, alors qu'il faisait presque nuit, Nadal remporta le dernier set 9 jeux à 7, signant à coup sûr le plus bel exploit et le plus beau match de sa carrière. La perte du 4e set, après s'être procuré deux balles de matches, aurait pu être le tournant du match. Mais pas avec Nadal.

Federer, indétronable numéro 1 mondial depuis février 2004, voit désormais planer l'ombre menaçant du Majorquin. C'est d'autant le plus cas que le Suisse a beaucoup de points à défendre en cette fin de saison, notamment des victoires à Cincinnatti, à l'US Open et aux Masters et une finale à Montréal. Pire, la confiance est désormais du côté de son dauphin qui l'a battu à 4 reprises en finale en moins de 2 mois, à Monte-Carlo, Hambourg, Rolland Garros et donc Wimbledon. Au sommet de son art, Nadal qui vient de s'offrir son 5e succès en grand chelem (et un doublé Rolland-Wimbledon inédit depuis Borg en 1980) n'a jamais été aussi prêt de devenir numéro 1 mondial.

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